L'aiguille de l'horloge tournait par mouvements saccadés, me faisant un peu plus mal à chaque coup. Je me trouvai au « Beach café », et j'attendais depuis une demi-heure que mon voisin Carl vienne me rejoindre.
Je soupirai, touillant les 3 millilitres de café qui stagnaient au fond de mon verre, une auto-persuasion pour me dire que je n'avais pas attendu si longtemps jusque ici.
J'étais une femme assez grande, aux cheveux longs et châtains. J'avais des grands yeux bleus clairs, qui me donnait un air naïf et innocent. C'était sans doute pour cela que je me faisais ainsi avoir par les hommes.
Moi, Anya Cristin, journaliste dans un magasine, j'étais tombée amoureuse de Carl, un beau brun qui m'avait donné rendez-vous.
Je soupirai. Pourquoi est-ce que je tombai toujours sur des gars comme ça ?
Je pris mon sac et et appelai un taxi afin de retourner chez moi.
Une fois là-bas, j'ouvris ma boîte aux lettres et montai nonchalamment les escaliers. Je posai mes diverses factures sur la table du salon, ouvris un pot de raviolis et commençait à les manger un à un en déversant un flot de larmes.
Puis, après avoir travaillé sur un nouvel article de journal, j'allai enfin me coucher.
Je repensai notamment à cette amie que je n'avais pas vu depuis le début du collège... comment s'appelait-elle, déjà ?
Ah oui. Siloë. Nom peu commun d'ailleurs. Nous étions très proches, mais un jour, elle est brusquement partie, ne laissant aucune nouvelle.
Elle était plutôt bizarre. Très renfermée, solitaire, elle ne parlait jamais d'elle, mais elle m'avait toujours écoutée avec attention.
Je me rappelai ainsi des vagues souvenirs que j'avait de cette période, puis ne tardait pas à m'endormir.
La journée suivante s'écoula rapidement. Je travaillais pour un magasine de mode, et j'étais censée faire des articles d'une extrême intelligence qui parlaient du problème mondialement important traitant sur le choix de sa crème de soin épidermique, par exemple.
Quand j'étais une adolescente insouciante, j'avais toujours rêvé d'être journaliste humanitaire, de voyager et d'aider tous ceux que je rencontrerait.
Et maintenant, j'étais dans un petit bureau à écrire des textes complètement idiots. Et le pire, c'est que c'est moi qui les inventait.
La journée s'écoula donc,et je rentrai chez moi fatiguée. Je posai mon sac à main, me déchaussai, et fit quelques pas dans le salon.
Je feuilletai des magasines, quand j'entendis un bruit de verre brisé dans la salle de bain.
Mes battements de coeur se firent plus rapides, et prudentes, j'y allais.
J'ouvris la porte, et, presque immédiatement, un couteau se brandit brusquement sous ma gorge, une main me faisant une clé de bras.
Puis le couteau se retira et la main lâcha mon bras.
Je me retournai, terrorisée et tremblante, et je la vis.
Une jeune femme, aux cheveux longs,roux et aux yeux marrons se tenait devant moi, une mine confuse sur le visage. Elle avait une carrure fine mais musclée, et était tendue.
- Désolée, fit-elle. J'ai l'habitude de faire ça quand les gens entrent dans une pièce.
- Euh...je... je... y a pas de mal !
Son visage m'était étrangement familier.
L'inconnue reprit :
- Enfin bon, désolée d'arriver chez toi comme ça à l'improviste, mais j'ai grandement besoin de ton aide.
Reprenant mes esprits, moi qui était d'ordinaire plutôt longue à la détente, je m'empourprai soudain.
- Mais...mais... qui êtes-vous ? Pourquoi avoir déboulé chez moi comme ça ? SI vous ne me répondez pas, j'appelle la police !
Mon ton se voulait menaçant, il se révéla tremblant et peu sûr de lui.
La jeune femme s'apprêtait à me dire quelque chose quand nous entendîmes un bruit provenant cette fois de mon salon.
Cette dernière m'empoigna vivement la main et m'entraîna à la sortie arrière de l'immeuble, pour descendre des escaliers tapissant la partie extérieure de ce dernier.
Elle continua à m'entraîner à toute vitesse, malgré mes protestations. Une fois descendus dans la rue, l'étrange femme sortit une arme étrange de son blouson et tira en direction de l'immeuble.
Il explosa.
Sidérée, indignée et surtout complètement paumée, je me laissai entraîner par notre course folle qui aboutit finalement à une voiture, dans un parking que je n'avais pas tellement l'habitude de fréquenter.
Je m'assit donc de force sur le siège avant, tandis que l'inconnue s'installait elle aussi. Éreintée, je lui demandais :
- Vous...vous allez m'expliquer ?
Essouflée elle aussi, elle me répondit, haletante.
- C'est moi. C'est Siloë.
Vous en pensez quoi ? J'ai bientôt fini le chapitre 2, je le posterai donc dans la semaine.